L’ALSF, créée en 1979, est la première association de cours de Langue des Signes à Paris !
Plongez dans le passé…

Plus de 45 ans d’engagement pour la Langue des Signes Française

Présentation

L’Académie de la Langue des Signes Française (ALSF) fait partie des associations pionnières apparues entre 1975 et 1980, une période déterminante pour la reconnaissance et le développement de la communauté Sourde en France.

Depuis 1979, l’association œuvre à la promotion, à la transmission et à la valorisation de la Langue des Signes Française. Notre équipe, composée de personnes sourdes et entendantes, partage une approche authentique, humaine et pédagogique, fondée sur l’expérience et le partage.

Aujourd’hui implantée à Paris et à Reims, l’ALSF propose des formations, des accompagnements et des interventions adaptés à différents publics. Nous intervenons également partout en France selon les besoins.

À travers nos actions, nous poursuivons une mission essentielle : rendre la Langue des Signes Française plus accessible, plus visible et mieux reconnue dans la société. Nous contribuons ainsi à faire connaître la richesse de la culture Sourde et à créer davantage de liens entre les personnes sourdes et entendantes.

Forte de son expertise et de son engagement, notre équipe accompagne vos projets avec professionnalisme, passion et bienveillance dans la réalisation de vos projets.

Histoire

L’histoire de l’ALSF est intimement liée à Guy BOUCHAUVEAU, Sourd.

Pendant longtemps en France, les signes pratiqués par la communauté sourde restent peu reconnus et souvent dévalorisés. À partir de 1975, un mouvement en faveur de la reconnaissance des langues des signes émerge, porté notamment par le sociologue Bernard MOTTEZ et le linguiste américain Harry MARKOWICZ.

En 1976, l’arrivée à Paris de l’artiste sourd américain Alfredo CORRADO marque une étape importante. Avec Jean GREMION, homme de culture, il fonde en 1977 International Visual Theatre (IVT), une compagnie de théâtre visuel, bientôt rejointe par Bill MOODY, interprète américain. Guy BOUCHAUVEAU suit avec intérêt cette initiative inédite.

En juillet 1978, un voyage d’étude à l’université GALLAUDET aux États-Unis, dédiée aux étudiants sourds, constitue un tournant décisif dans sa vie. Il y rencontre des spécialistes des langues des signes et découvre qu’elles sont de véritables langues, dotées d’une grammaire et d’une structure qui leur sont propres. Cette expérience bouleversante transforme profondément son regard sur les signes.

Il réalise alors que les signes qu’il pratique depuis son plus jeune âge ne sont pas un simple mode de communication, mais une langue à part entière : la Langue des Signes Française (LSF). Cette prise de conscience l’amène à s’engager pleinement pour sa transmission et sa reconnaissance. Le 20 juin 1979, il cofonde avec Christian BOURGEOIS l’Académie de la Langue des Signes Française (ALSF).

Dès octobre 1979, les premiers cours du soir de LSF sont organisés avec le soutien de Jean-Paul MIT, professeur à l’Institut National de Jeunes Sourds de Paris. Animés par des Sourds bénévoles, ces cours accueillent des enseignants, des parents, Bernard MOTTEZ et le jeune linguiste Christian CUXAC, qui deviendra par la suite l’une des figures majeures de la recherche sur la LSF.

En 1980, l’ALSF organise à Dourdan le premier congrès des professeurs de LSF réunissant des Sourds venus de France, de Belgique et de Suisse. La pédagogie s’affine, le nombre de stagiaires augmente et les bénévoles qui assurent les cours deviennent progressivement salariés à plein temps de l’association.

L’ALSF met en place les premières formations de formateurs de LSF, aujourd’hui relayées par les universités Paris 8 et Grenoble Alpes, et joue un rôle clé dans la création de nombreux centres de formation en France. Par ses conférences, ses rencontres et ses événements, l’association contribue à la structuration de la communauté sourde et à la reconnaissance de son identité culturelle et linguistique.

Aujourd’hui, l’ALSF demeure une association de référence.

Guy BOUCHAUVEAU (1944-2016)
Artiste, humoriste, militant
Formateur de LSF
Acteur majeur de la reconnaissance et de la promotion des droits des Sourds.
Premier guide-médiateur sourd de la Cité des Sciences et de l’Industrie
Vice-président de la Fédération Nationale des Sourds de France

Repères

Quelques dates clés de l’histoire de la communauté Sourde et de la langue des signes en France

1760 : L’abbé de l’Épée fonde à Paris la première école destinée aux enfants sourds, où il développe un enseignement fondé sur les signes méthodiques. Cette initiative ouvre une voie nouvelle dans l’éducation des personnes sourdes et inspirera de nombreux pays.

1880 : Le Congrès de Milan préconise l’abandon de l’enseignement gestuel dans les écoles. La France suit ces recommandations, entraînant la généralisation de l’enseignement oral et l’exclusion progressive des enseignants sourds.

Années 1970 : Près d’un siècle après le Congrès de Milan, le Réveil sourd marque un tournant majeur. La communauté Sourde affirme son identité linguistique et culturelle et milite pour la reconnaissance de la Langue des Signes Française (LSF).

1986 : La loi du 30 septembre relative à la liberté de communication pose les bases du développement de l’accessibilité des programmes audiovisuels, notamment par le sous-titrage et l’interprétation en LSF.

1991 : La loi Fabius reconnaît le droit des familles à choisir une éducation bilingue en français et en LSF pour leurs enfants sourds.

2005 : La loi du 11 février reconnaît officiellement la LSF comme une langue à part entière et renforce les droits des personnes sourdes en matière d’éducation, d’accessibilité et de compensation.

2010 : La France ratifie la Convention relative aux droits des personnes handicapées de l’ONU, renforçant le droit à la communication et à l’accès à l’information pour les personnes sourdes, notamment grâce à la LSF.

2017 : Les Nations Unies instaurent le 23 septembre comme Journée internationale des langues des signes afin de promouvoir leur usage et leur reconnaissance.

Depuis les années 2020 : Les politiques publiques poursuivent le développement de l’accessibilité numérique et audiovisuelle, avec le renforcement du sous-titrage, de l’interprétation en LSF et des contenus adaptés.