L’ALSF, créée en 1979, est la première association de cours de Langue des Signes à Paris !
Plongez dans le passé…

Histoire de l'ALSF

Fondation de l’Académie de la Langue des Signes Française

L‘ALSF fait partie, avec IVT et 2LPE, des associations qui ont émergé au cours des années charnières 1975-1980 et qui ont fortement marqué le paysage SOURD français. Plus de 45 ans ont maintenant passé : il ne s’agit pas ici de raconter l’histoire complète, mais seulement les débuts de l’ALSF, d’après le récit de son principal promoteur : Guy BOUCHAUVEAU.

A partir de 1975, un mouvement se met en place en France, soutenu par Bernard Mottez et Harry Markowicz. En 1976, c’est l’arrivée d’Alfredo Corrado, sa rencontre avec Jean Gremion, la fondation d’IVT et la venue de Bill Moody. Guy assiste aux réunions d’IVT et aux premiers cours de langue des signes. En juillet 1978, il participe, avec un groupe d’entendants dont M. MIT et quelques sourds, à un voyage d’étude à l’université des Sourds Gallaudet de Washington. Il rencontre des spécialistes américains de la langue des signes, comme Gil Eastman et William C. Stokoe. Guy prend alors clairement conscience de sa langue, la LSF (ce terme nouveau n’était alors connu que de quelques uns).

De retour en France, ses idées bouleversées, il confie : « Pendant le mois d’août, je n’arrivais plus à dormir ». Peu intéressé par le théâtre à IVT, il souhaite donner des cours de langue des signes. M. MIT, professeur d’électronique à l’INJS, lui propose de mettre en place ces cours à l’Institut National de la rue de Saint Jacques.

En octobre 1979, les premières réunions ont lieu le mercredi. Certains veulent créer un dictionnaire, d’autres se concentrent sur l’étude linguistique de la LSF (le terme est enfin lancé), mais Guy insiste sur ses cours. Il recrute des formateurs sourds et les premiers cours commencent le soir dans trois classes. Les premiers stagiaires sont des professeurs de l’INJS, quelques parents, ainsi que Bernard Mottez et le jeune linguiste Christian Cuxac.

Entre 1978 à 1979, l’idée de créer une association mûrit. Quel nom choisir ? Université de la LSF, Association de la LSF… Finalement, le choix se porte sur l’Académie de la Langue des Signes Française (en abrégé ALSF). Le mot « académie », explique Guy, valorise la langue des signes et son Histoire. L’ALSF est officiellement constituée le 20 juin 1979, avec Christian Bourgeois comme premier président.

L’ALSF organise le premier congrès des professeurs de LSF. Réunis à Dourdan en 1980, presque tous les sourds français, belges et suisses ayant une expérience de l’enseignement de la LSF se rencontrent et échangent sur leurs méthodes pédagogiques. (« La Langue des Signes » tome 1, IVT).

La pédagogie, tâtonnante au début, s’affine rapidement. Les résultats sont bons, comme le montre l’augmentation constante du nombre de stagiaires et de formateurs. Initialement bénévoles, ces derniers deviennent salariés, d’abord à temps partiel, puis à plein temps.

Forte de son expérience, l’ALSF dispense également les premières formations de formateurs de LSF, formations aujourd’hui assurées par l’Université Paris 8 (DPCU) et l’Université Grenoble Alpes (DU formateur LSF). Grâce à cela, de nombreux centres de formation en France ont pu se créer et se développer.

Depuis, l’ALSF continue son développement. Elle a dû quitter l’INJS pour cause de travaux et est désormais installée au 3 rue Léon Giraud, dans le 19ème de Paris. Elle a organisé de nombreuses conférences, très suivies par les sourds de Paris et de province, contribuant à forger une identité sourde. Elle a fêté ses anniversaires avec éclat, notamment le 20ème, lors des premières « Mains d’Or ». Comme IVT et 2LPE, elle mérite l’hommage et la reconnaissance de la communauté sourde pour son action.


 

Histoire des Sourds

Brève histoire des Sourds en France

1760 : L’abbé de l’Épée crée à Paris, à l’intention des enfants sourds, la première école au monde utilisant la langue des signes. Cette initiative permet aux élèves sourds d’atteindre un niveau élevé d’éducation.

1880 : Le Congrès de Milan, qui préconise de ne plus utiliser la langue des signes à l’école, entraîne la communauté Sourde française dans l’échec scolaire.

1970 : La communauté Sourde commence à revendiquer son identité 
linguistique et culturelle, en défendant l’usage de la Langue des Signes Française à l’école et dans la vie quotidienne.

2005 : Loi n° 2005-102 du 11 février 2005 – J.O. n° 36 du 12 février 2005 :« Dans l’éducation et le parcours scolaire des jeunes sourds, la liberté de choisir entre une communication 
bilingue (langue des signes et langue française) et une communication en langue française est de droit. »